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Chronique d’une rivière disparue, la Lairet (1) : Introduction

Publié le 4 janvier 2010 par Réjean LemoineCommentaires (4)
Extrait de la Mosaïque d’orthophotographies de 1948. Université Laval.

Extrait de la Mosaïque d’orthophotographies de 1948, Université Laval

La rivière Lairet, longue de plus de deux kilomètres, prenait sa source dans les premières collines de Charlesbourg (aujourd’hui dans le quartier Lebourneuf).

Premier affluent de la rivière Saint-Charles sur sa rive gauche, ce cours d’eau traversait donc les terres de Charlesbourg et de Limoilou. Son parcours très sinueux et erratique terminait sa course dans le parc Cartier-Brébeuf [photo : en bas, à gauche]

L’origine du nom Lairet demeure obscure. Il apparaît pour la première fois en 1626 et semble désigner des filets de pêche. Samuel de Champlain dessine sur une carte de Québec (1613) un filet de pêche à l’embouchure de la Lairet. Ces filets portent à l’époque le nom de rets. Sous le Régime français, on écrit le nom de la rivière de manière très variée : Larrai, Larret ou Lairet. Une autre hypothèse moins plausible voudrait que Lairet soit le nom d’un des premiers colons résidents de Charlesbourg.

Cette rivière, canalisée et redressée, est devenue dans les années 1960 un égout souterrain appelé l’émissaire Lairet. En 2005, cet immense tuyau de six mètres de diamètre s’est affaissé à son embouchure dans le parc Cartier-Brébeuf. La direction du parc décide alors en février de cette même année de déterrer et renaturaliser cette partie de la rivière Lairet afin de lui redonner son embouchure naturelle.

Pendant plus d’un siècle, les résidents des villes ont pollué, canalisé et enterré les ruisseaux et les rivières. Aujourd’hui, un mouvement environnemental international favorise la renaturalisation et le remise en lumière « daylighting » des rivières disparues. Présentement des projets ont cours dans plusieurs villes comme à Séoul en Corée du Sud, New-York, Los Angeles et Vancouver. L’objectif de ces projets est de  redonner de nouveaux axes verts à des quartiers complètement urbanisés et de combattre le réchauffement climatique.

Dans cet esprit, dans les prochaines semaines, j’esquisserai l’histoire de la rivière Lairet afin de comprendre pourquoi beaucoup d’argent et d’énergie ont été investis dans les années 1960 pour faire disparaître ce cours d’eau urbain.

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Billets publiés et en projet dans cette rubrique

  • La Lairet en introduction (4 janvier 2010)
  • Les caractéristiques naturelles de la Lairet (18 janvier)
  • L’histoire sur les bords de la Lairet (à déterminer)
  • Les premiers signes de détérioration de la Lairet (à déterminer)
  • Enquête du département de la santé et projet de canalisation dans les années 1940 (à déterminer)
  • Le projet de canalisation de la Lairet (à déterminer)
  • Les difficiles années 1950 (à déterminer)
  • La réalisation du projet de canalisation de la Lairet (à déterminer)
Principales sources pour cette chronique : Archives de la ville de Québec et de l’hôpital Saint-François d’Assise. Dossiers de correspondance des maires Lucien Borne et Wilfrid Hamel. Le Courrier de Limoilou, L’Action Catholique et Le Soleil de l’époque.

[ À lire : Réjean Lemoine : chroniqueur urbain pour MonLimoilou! et Vue aérienne de Limoilou en 1948. ]

4 commentaires »

  1. Très intéressant.

    À propos de New York, je vous suggère d’aller visionner le vidéo sur http://www.ted.com « New York — before the City ». Un écologiste a modélisé le paysage de New York avant la colonisation en identifiant par exemple les rivières, les lacs et les milieux humides qui ont disparu depuis.

    Vous pouvez aussi cliquer sur le lien vers le site web.

    Commentaire de JT publié le 4 janvier 2010

  2. http://www.ted.com/talks/eric_sanderson_pictures_new_york_before_the_city.html

    Commentaire de JT publié le 4 janvier 2010

  3. Monsieur Lemoine reviendra sûrement là-dessus, mais moi ce qui me fascine, ce sont les traces laissées par ce cours d’eau. Par exemple, le tracé de certaines rues, comme les boulevards Benoît XV et Cardinal-Villeneuve, ondoyant et pas du tout cartésien comme les autres. Ou encore la terre glaise du secteur, sans roches et si fertile (j’y habite et j’y jardine). Les arbres, en particulier, y poussent à un rythme impressionnant.

    Commentaire de Colette Tremblay publié le 8 janvier 2010

  4. Ce sujet m’intéresse particulièrement.J’ai grandi auprès de cette rivière et elle m’habite pour toujours.Je la cherche depuis longtemps,retrouve parfois un vestige de son parcours.Face à l`hopital st-Francois d’Assise derrière la maison des soeurs on croirait presque la voir couler.

    Commentaire de lisette Charest publié le 13 juin 2010

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