Le Blogue de Limoilou :: Raymond Poirier
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Visages du quartier (2) : Amitié, musique et Sam Murdock

Publié le 17 janvier 2012 par Raymond PoirierCommentaires (3)
Sam Murdock P572 Limoilou

Crédit photo : Renaud Philippe / Stigmat Photo, 2011

Qui apprécie la scène musicale indépendante de la Capitale se doit de connaître Sam Murdock. Musicien. Producteur. Diffuseur. Il a fait parler de lui au sein de formations telles Lesbo Vrouven ou (swedish) Death Polka. Mais, surtout, il est l’un des deux visages derrière l’étiquette P572, qui depuis 2004 propose de la musique made in Québec pour des passionnés et par des passionnés. Discussion à saveur musicale et entrepreneuriale avec un créateur pour qui « réalisation de projet » rime avec « amitié ».

Ainsi, parler de Sam Murdock, c’est parler de P572. C’est en 2004 qu’il lance, aux côtés de Sébastien Leduc, cette boîte à géométrie variable. Après avoir vu le jour dans le bloc du 572 rue Nelson, dans St-Roch, l’équipe déménage ses pénates en 2008 à Limoilou, dans une maison de la 1re Avenue.

D’un lieu à l’autre, ils gardent la même formule et le même esprit. D’ailleurs, à ce titre, le site Web de l’organisme en résume bien le cadre : « P572, c’est deux amis qui sortent des disques et des livres depuis 2004 ». Des disques? Les Goules, Black Taboo, Lesbo Vrouven, (swedish) Death Polka, Oromocto Diamond, Millimetrik, Jane Ehrhardt, Keith Kouna, Headache24 et bien d’autres… Des livres? Rétrospectives, fanzines, illustration…

En musique, c’est des bands, c’est des gens, c’est des artistes. Il y a beaucoup de gens qui sont passés. Il faut dire que la vie rock, beaucoup ne la mènent pas sans grand succès pendant dix ans. En fait, la chose qui est restée, c’est Sébastien et moi. Au début, P572, c’était une espèce de grande famille, puis les gens passent à autre chose : les enfants, la maison, la vie. Mais, de 2004 à aujourd’hui, le cœur est resté », résume Sam Murdock.

L’œuvre du hasard

Lui, c’est un peu le hasard qui l’a amené vers la musique.

J’ai toujours eu l’impression que c’est venu naturellement. Oui, ça vient un peu de ma jeunesse, mais ça n’a jamais été un plan ».

Il met en place son premier band à 9 ans et, déjà, ne se limite pas uniquement à la musique : cette fois, c’est un fanzine incluant les paroles des chansons qu’il éditera. Les rêves de musique, comme ses autres projets, passent en sourdine, le temps de quelques voyages. Puis, c’est P572. Toujours par hasard. Sam Murdock suit ses passions, tout simplement :

Au départ, c’était « on tripe sur ce band-là, on sort ça! ». À un moment donné, tu te réveilles et tu réalises que ça fait huit ans que tu fais ça. À ce stade-ci, c’est presque devenu l’œuvre de ma vie », poursuit Sam Murdock.

Sam Murdock P 572 LimoilouÀ l’automne 2009, Sébastien et lui font le compte : déjà cinq ans. L’occasion d’une rétrospective, sous forme hybride entre livre de collection et fanzine, P572, cinq ans de musique et de révolution. L’ouvrage, tout comme l’ensemble des activités de P572 jusqu’à ce jour, réalisé sans subvention, sans financement. Avec l’argent disponible et les moyens du bord, tout simplement. « C’est peut-être fait tout croche, mais c’est du tout croche comme on le veut ». Au fil des années, lui et ses acolytes réinventent l’art de faire du beau, bon et pas cher. Les succès d’un projet sont réinvestis dans un autre. Et ainsi de suite. Certaines années, c’est 4, 5 ou 6 artistes qui roulent sous la houlette de P572. En plus des projets d’édition et de la distribution à Québec d’albums de formation hors Québec.

Sam Murdock P572Aussi, de Québec, il organise des tournées de petites ou moyennes salles qui l’amèneront un peu partout au Canada ou au nord des États-Unis. Il fait des rencontres, découvre des nouveaux groupes et, parfois, profite d’un de leur passage en province pour leur offrir une vitrine à Québec, soit lors d’un spectacle en salle, soit dans un show privé organisé au sous-sol de la maison de P572, à Limoilou.

Au fil des projets, il suit son instinct. Et il met à profit son entourage, ses contacts, son réseau.

J’ai des amis qui ont du talent, qui font de la BD, de l’illustration, de la musique. Je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas le goût de les aider à en faire! »

Quartier général à Limoilou

Depuis son arrivée à Limoilou en 2008, l’importance du quartier pour P572 et ses artisans n’a fait que s’accroître. D’ailleurs, en 2010, un flyer conceptualisé par Sam Murdock indiquait que l’organisme était « une maison de disque de Limoilou ».

Je ne sais pas, il y a quelque chose de « pas cool » qui est cool à être à Limoilou. Un sentiment d’attachement très fort, chez les artistes, chez les citoyens. Personnellement, je ne pensais pas tomber en amour avec le quartier autant que ça », indique-t-il. Une question de proximité, peut-être, entre les gens qui habitent le quartier. « Tu vas trois ou quatre fois à la pharmacie, à la chocolaterie, et les gens te reconnaissent! »

Le quartier est donc devenu, en presque cinq ans, un nouveau quartier général. Au-delà de la maison, de l’édifice. Un lieu à partir duquel il continuera à entreprendre, à créer, à démarrer des projets. Son dernier né? 32 dents, un recueil d’illustrations, accompagné d’une brosse à dent, imprimé à 572 exemplaires.

D’un projet à l’autre, chaque chose est toujours à recommencer, observe Sam Murdock. Nouveaux bands. Nouvelles initiatives. Dans tout ça, pour moi, l’important c’est qu’on continue à faire les choses à notre façon ».

[ À lire aussi : Visages du quartier (1) : Renaud Philippe et la passion du photojournalisme ]

Déclin commercial de la 1re Avenue (1) : La dynamique urbaine en cause?

Publié le 28 novembre 2011 par Raymond PoirierCommentaires (8)


Entre la 4e et la 18e Rue, la 1re Avenue bat de l’aile. Au début de l’automne 2011, en l’espace de quelques semaines, plusieurs commerces ferment tour à tour. Alors qu’on observe une vitalité constamment renouvelée sur la 3e Avenue, sa voisine, elle, semble avoir quelques difficultés à tirer son épingle du jeu. Regard sur les dynamiques urbaines du quartier Limoilou en compagnie du géographe Rémi Guertin.

D’emblée, une chose est claire : actuellement, le cÅ“ur du Vieux-Limoilou, c’est la 3e Avenue et non la 1re. « Il faut dire que celle-ci est, essentiellement, sur une ligne périphérique : elle est décentrée face au reste du quartier ».

Une position difficile à tenir, donc. Surtout que la 3e Avenue subit aussi l’influence positive du chemin de la Canardière.

Cette artère permet une ouverture de la 3e vers les secteurs Maizerets ou Maufils. On peut ainsi faire un saut sur la 3e Avenue avant de continuer son trajet, ce qui a une influence sur la fréquentation des commerces », estime Rémi Guertin, auteur de l’essai Québec, la capitale sans ville, aux éditions Trois-Pistoles.

La vaste majorité des institutions du Vieux-Limoilou sont également présentes sur la 3e Avenue. Sur la 1re Avenue, il faut attendre les environs de la 13e Rue pour commencer à en retrouver : église, centre communautaire, hôpital, bureau d’arrondissement. Un déséquilibre institutionnel qui, dans l’axe discuté aujourd’hui, favorise largement la 3e Avenue.

À cela, il faut aussi ajouter le succès retentissant de la 3e Avenue ces dernières années. Restaurant, cafés, boutiques : les gens sont de plus en plus attirés par l’offre commerciale de l’artère, ce qui incite, également, d’autres échoppes à s’y installer.  La hausse de fréquentation a amené une multiplication des destinations sur la 3e et, parallèlement, créé un cercle vicieux sur la 1re : plus elle se vide, moins les gens sont poussés à y aller et plus elle se vide encore. C’est ce qu’on appelle un phénomène d’emballement, c’est-à-dire que si une rue est en demande, elle le sera encore plus et, inversement, si une artère s’érode, elle s’érodera davantage », explique Rémi Guertin.

Aussi, alors qu’il était possible dans les années 1960 de faire vivre deux artères à saveur commerciale dans le quartier, la situation est bien différente 50 ans plus tard. À l’époque, le quartier était plus densément peuplé. « Puisqu’il y avait plus de gens, il pouvait y avoir une certaine vitalité autant sur la 1re que sur la 3e ». En 2010, même si le secteur demeure dense, la présence de familles moins nombreuses ou la transformation d’appartements en condos auront tout de même suffisamment diminué le nombre des Limoulois et Limouloises pour avoir un impact sur la dynamique urbaine du secteur.

Pistes de solutions?

Reconnaissant cela, est-ce possible de renverser à court terme la tendance sur la 1re Avenue? « Non », répondra tout simplement le géographe.

En matière de développement urbain, il vient un moment où il vaut peut-être mieux encourager une position qui est désirée plutôt que de forcer le développement d’un secteur dont personne ne veut. »

Pour lui, c’est à long terme qu’il faut envisager l’évolution de l’artère. Il s’agit de voir ce qui peut tenir le coup à court terme, en attendant de voir vers quoi tend la dynamique urbaine. Faut-il transformer les locaux commerciaux en résidentiel? Ou plutôt y favoriser l’installation d’organismes communautaires, avec des loyers abordables?

Au final, il faut pouvoir identifier les raisons pour lesquelles la 1re avenue ne marche plus. De cette compréhension, peut-être que la seule solution, à court terme, sera de porter l’artère à bout de bras en attendant que la dynamique urbaine lui soit de nouveau favorable. Et peut-être que certaines conditions ne reviendront plus et il faudra envisager un changement de vocation. Après tout, une ville, ce n’est pas de la pâte à modeler, c’est quelque chose qui nous échappe toujours un peu; c’est un phénomène auto-organisé qui présente une autonomie par rapport à nos prétentions urbanistiques.»

[ À surveiller : au cours des prochaines semaines, MonLimoilou.com vous proposera quelques articles qui viendront animer et ponctuer cette réflexion. ]

Nouveau nom et objectifs renouvelés pour le Défi Vert de Québec

Publié le 17 novembre 2011 par Raymond PoirierCommentaires (0)

Défi QuébecLe Défi vert de Québec n’est pas mort. Au contraire : la formation politique commence ses préparatifs en vue de la prochaine élection municipale avec, au programme, une campagne de financement, un nouveau site web et… un changement de nom.

En effet: exit Défi vert de Québec. C’est désormais l’appellation « Défi Québec » qui sera utilisée par le parti politique. Pourquoi?

Nous tenons ainsi à démontrer aux citoyens de notre ville que nos aspirations ne sont pas uniquement basées sur des valeurs environnementales, mais que nous nous préoccupons, comme tout le monde, des questions d’ordre démocratique, social et économique », a souligné le chef de la formation, Richard Domm, par voie de communiqué. En route vers leur assemblée générale annuelle, le 19 novembre 2011, à 13 h, au Centre culture et environnement Frédéric-Back, les membres de Défi Québec ont ciblé différents dossiers qui risquent bien de compter dans leurs priorités : comptes de taxes, déneigement, Conseils de quartier, transports, emploi, loisir, développement urbain, logements sociaux. « Autant de sujets délaissés ou bafoués par l’administration actuelle », estime-t-il.

Parmi les enjeux jugés priorités par la formation, on retrouve également toute la question de l’amphithéâtre.

Défi Québec dénonce l’administration actuelle de la Ville de Québec pour avoir octroyé, sans appel d’offres, le mandat de gestion de cet équipement public. Nous entendons devenir le chien de garde des citoyens dans ce dossier », poursuit M. Domm.

Question de combler les besoins financiers rattachés à la formation et à une éventuelle campagne électorale, une campagne de financement a également été lancée, avec, pour porte-parole, Serge Roy, un citoyen engagé, qui s’est illustré sur la scène politique, syndicale et communautaire de la Capitale. C’est le potentiel qu’il perçoit dans Défi Québec qui l’a poussé à s’engager dans la jeune formation. « Défi Québec représente pour moi le meilleur véhicule politique pour que Québec devienne une ville d’avant-garde dans les prochaines années. Sa vision en est une d’attachement profond aux valeurs démocratiques auxquelles tient également l’immense majorité des citoyens et citoyennes de notre ville », explique-t-il, dans une déclaration diffusée aux médias.

Pas d’objectif final d’énoncé dans le cadre de cette campagne de financement. L’équipe de Défi Québec invite tout simplement la population à les appuyer par des dons, dans le respect des règles électorales en vigueur.

Nous avons besoin de votre engagement pour surveiller de près et pour préparer une alternative à l’administration municipale actuelle », conclu Richard Domm.

Visages du quartier (1) : Renaud Philippe et la passion du photojournalisme

Publié le 16 novembre 2011 par Raymond PoirierCommentaires (3)
Renaud Philippe Photojournaliste

Renaud Philippe - Crédit photo : Larry Rochefort

De l’Inde à Haïti, en passant par le Kenya, la Tunisie, l’Équateur et, bien entendu, le Canada, le Limoulois Renaud Philippe fait parler de lui dans l’univers du photojournalisme. Expositions et distinctions ponctuent le parcours de celui qui, cofondateur du collectif Stigmat Photo, cherche maintenant à faire découvrir et connaître ce langage journalistique. Rencontre avec un passionné de la photo, pour qui l’engagement social est indissociable de la dimension artistique de son médium de prédilection.

Ce qui m’a amené à la photographie, c’est la volonté de travailler sur des sujets que je considère nécessaires d’être traités, sur des sujets sociaux qui m’interpellent, c’est de profiter de ce médium qui permet de s’exprimer de manière subjective », indique le photographe Renaud Philippe. Pour lui, saisir une image, c’est d’abord et avant tout une question de patience. S’arrêter sur le côté humain, s’imprégner de l’atmosphère des lieux ou de son sujet, prendre son temps. « Il faut connaître et prendre le temps de connaître, aller vers les gens, discuter. Je ne cherche pas à faire une photo de presse unique, mais une série d’images qui informent et qui expriment l’émotion, je cherche plutôt à me mettre dans la peau des gens qui sont sur place, qui vivent les situations que je veux documenter. Si tu envoies deux photographes dans le même contexte, ils reviendront avec des images différentes et, ça, c’est dû à l’émotion du photographe. Et c’est cette émotion qui, trop souvent, manque à l’information actuellement », poursuit-il.

Une approche qui a d’ailleurs allumé plusieurs acteurs internationaux et nationaux du photojournalisme et amené sa jeune carrière à se ponctuer de prix et récompenses : prix Antoine-Désilet au concours québécois du photojournalisme, organisé par la FPJQ, nomination à l’UNICEF International Photo Award, mention d’excellence au concours photographique Picture of the Year International, entre autres. Hors des différents médias écrits auxquels il collabore, il a également participé à près d’une dizaine d’expositions, que ce soit au Festival de photojournalisme Zoom Sur à Chicoutimi, à l’expo ambulante Haïti à Vif, au Musée de la civilisation au profit de l’ONG Care Canada, au Cercle, au Café Babylone ou encore dans diverses bibliothèques à Québec et Montréal.

Départs vers l’international

Ce qui a lancé son parcours, c’est un voyage en Inde, réalisé alors qu’il étudiait au baccalauréat en journalisme et communication à l’Université Laval.

Je suis parti apprendre, avec l’idée de me confronter. En cours de séjour, je suis tombé amoureux de la ville de Calcutta et ses paradoxes : misère et richesse humaine, délabrement et merveilles architecturales », explique Renaud Philippe.

Il tente de rendre par la photo ce qu’il observe. Il prend confiance et décide de s’approprier le médium. Quelques mois plus tard, il se lance dans une seconde mission photographique, cette fois au Kenya, pour travailler sur le quotidien des jeunes dans un camp de réfugiés.

Renaud Philippe en Haiti

(c) Renaud Philippe / Stigmat Photo 2010

Après le coup de foudre avec la photo en Inde, c’est l’impact de celle-ci qu’il réalise au Kenya.

J’y ai reçu, d’une manière, une claque au visage. J’avais entendu parler de la situation des réfugiés là-bas, mais je n’avais pas été capable de me mettre dans leur peau. Ils sont victimes d’une situation qui les dépasse, ils n’ont aucun impact sur leurs conditions de vie. Et, là-bas, un homme est venu me voir et m’a tendu une lettre dans laquelle il me remerciait d’être présent, sur place, et me disait qu’il avait espoir, grâce aux images que j’allais ramener chez moi, qu’ils pourraient peut-être avoir plus d’aide. J’étais conscient que mes photos n’arriveraient pas à changer son quotidien à lui, mais je me suis dit que, si tu arrives à changer des mentalités ici, qu’ils deviennent plus conscients de ces réalités et que ça ait un impact sur leur manière de consommer, de voter, de donner à des organismes comme CARE Canada, les enfants ou les petits enfants de cet homme en bénéficieront. Je me suis dit que, petit ou grand, il fallait que mes images aient un impact, fassent bouger quelqu’un, quelque part. »

C’est dans cet esprit que, quelques mois plus tard, il retournera en Inde, documenter les inondations du quartier de Kaligat, à Calcutta. Ou qu’il ira, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010, à Port-au-Prince, en Haïti, qu’il se rendra photographier le quotidien de réfugiés tibétains sur les frontières du Népal, qu’il documentera les conséquences du printemps arabe sur les travailleurs migrants de la Tunisie, qu’il assistera aux émeutes du G20, à Toronto, ou qu’il documentera pour l’ONF l’impact de la crise économique sur les travailleurs canadiens. Et, enfin, qu’il choisira de mettre sur place avec quatre collègues un collectif de photojournalisme, Stigmat Photo, question de se donner des outils de diffuser son travail et celui de collègues animés par les mêmes motivations, dans les grands médias et hors de ceux-ci.

Choucha - Philippe Renaud

(c) Renaud Philippe / Stigmat Photo 2011

Retours vers Québec et Limoilou

Cela dit, son travail ne l’amène pas qu’à l’international. À Québec, c’est surtout la sphère des arts et spectacles qu’il est appelé à rendre en images.

Je dois en être rendu à mon 1000e spectacle couvert en photo! C’est un peu un engagement ou une spécialisation face au secteur ».

Dans tout ça, sa base de travail reste son quartier, dans lequel il habite depuis déjà cinq ans. Une base essentielle, pour le photojournaliste.

Avoir un lieu comme Limoilou, comme Québec, où on s’implique pour faire connaître la photographie, c’est capital. Surtout que Limoilou, c’est un milieu culturel qui se développe à une vitesse incroyable ». Dans le quartier, il a une famille. Deux enfants. Une motivation supplémentaire? « Oui, mais une motivation surtout à ne pas m’éparpiller : ce que je fais, il faut que ce soit vu et que ce soit rentable, que ça s’inscrive dans un contexte. La rentabilité n’est pas l’objectif principal, mais puisque tous les projets sont auto-financés, il faut que je puisse continuer dans cette voie ».

Par exemple, il développe présentement un projet avec T.R.A.I.C. Jeunesse, un organisme dont le mandat est de favoriser le mieux-être des jeunes dans une perspective de développement global, et documente l’adaptation de réfugiés Bouthanais récemment arrivé au Québec.

Je rêve de rendre la photographie accessible et la diffuser d’une nouvelle manière. Sur les rues de mon quartier. Sur le Web. Ou ailleurs. Présenter ces images, les miennes et celles des autres, à un public qui n’est pas convaincu face aux enjeux humains qu’elles représentent. Avec les moyens qui nous sont offerts aujourd’hui, grâce aux technologies, je reste convaincu qu’on va assister à un retour de l’âge d’or du photojournalisme ».

[ En savoir plus sur l'artiste : www.renaudphilippe.com ]

Nouvelle oeuvre d’art publique à Limoilou

Publié le 25 octobre 2011 par Raymond PoirierCommentaires (1)

L’œuvre de Jonathan Villeneuve en vidéo.

[ À lire aussi : École de cirque : une nouvelle oeuvre d’art distinctive! ]

Les citoyens en désaccord quant aux nouvelles divisions des quartiers

Publié le 14 octobre 2011 par Raymond PoirierCommentaires (5)

Consultation publique dans le Vieux-Limoilou

Ils étaient une centaine à s’être présentés ce jeudi 13 octobre au Centre communautaire Jean-Guy-Drolet. Des citoyens de Limoilou, certes, mais également de Saint-Jean-Baptiste, Saint-Sauveur, Maizeret ou encore Lairet. Tous sur place pour faire part de leurs craintes et inquiétudes quant à la restructuration proposée des limites de quartiers dans le cadre d’une consultation publique organisée par la Ville de Québec.

Sur place, le conseiller municipal Sylvain Légaré, responsable du dossier. Avant de donner la parole aux résidents des quartiers concernés, un petit résumé de la proposition, des intentions de la Ville. « Revoir ces politiques-là, une fois de temps en temps, c’est bien et c’est bon ». Pour l’administration municipale, trois objectifs : simplifier l’administration des Conseils de quartier, créer un lien étroit entre la population, les conseils et les élus, et, enfin, moderniser le règlement, dont la dernière version remonte à 2003.

Aujourd’hui, notre ville a changé et ne se gère plus de la même façon. Aujourd’hui, je suis devant vous avec des idées, sans projet de règlement, en amont de tout cela », indique-t-il.

Consultation publique Vieux-LimoilouL’invitation est lancée. Quelques personnes font déjà la file, derrière le micro. Il faut dire que, dès le départ, le ton était donné : un citoyen, entré portant une pancarte illustrée d’un « Touchez-pas à mon Limoilou » avait été reçu par nombre d’applaudissements. Première à prendre la parole, Lyne L’Africain, présidente du Conseil de quartier Lairet, se questionne quant à l’intérêt même de cette démarche de consultation :

Ce qu’on veut, c’est le statut quo. Que vous laissiez tomber votre projet et que vous vous concentriez sur d’autres enjeux peut-être plus prioritaires, comme la sécurité ».

Tel qu’anticipé, c’est la question des limites des différents quartiers de l’arrondissement La Cité-Limoilou qui a retenu l’attention des gens présents.

Un quartier, ce n’est pas une limite administrative, c’est une entité spatiale qui suscite l’appartenance », lance Catherine Leblanc, du Conseil de quartier Saint-Sauveur. « On ne peut pas enlever la rivière Saint-Charles du quartier Limoilou! », ajoute Érick Rivard, du Conseil de quartier Vieux-Limoilou.

Autant chez les représentants des différents conseils que chez les citoyens, l’incompréhension était palpable.

J’ai l’impression que cette démarche a été entreprise sans tenir compte du fait que les quartiers ont une vie, une histoire. Je crains que tout ça ait un effet démobilisateur chez les gens qui s’identifient à leur quartier », observe Olivier Tremblay, résident du quartier Montcalm.

Ils étaient également nombreux à prendre position sur le sentiment d’appartenance généré par les divisions actuelles. Serait-on aussi attaché au quartier Sylvain-Lelièvre ou aux Faubourgs qu’au Vieux-Limoilou ou à Saint-Jean-Baptiste? Quelle pourrait être la dynamique d’un quartier, comme les Faubourgs, séparé en trois parties par une rivière et une falaise?

Quel lien peut exister entre une partie du Vieux-Limoilou, le quartier Saint-Roch et le quartier Saint-Jean-Baptiste? Quel lien logique peut faire en sorte que les citoyens se sentent davantage concernés dans cette division, sentent que leurs avis seront mieux pris en compte? », fait valoir Serge Roy, résident de Saint-Jean-Baptiste. « Qu’on veuille changer l’identité d’un quartier pour une technicalité, je trouve ça aberrant! », ajoute François Lebel, de Limoilou. « J’ai vécu dans Saint-Jean-Baptiste pendant 16 ans. J’ai aussi habité dans le Vieux-Québec. Maintenant, je suis à Limoilou depuis 12 ans. Je peux vous dire que chaque quartier a sa problématique, ses forces, ses faiblesses », estime Danielle Coulombe. « Nous voulons conserver notre nom, nos limites et nos Conseils de quartier », poursuit Anne Loiselle, du Conseil de quartier Vieux-Limoilou.

À travers les multiples interventions, une grande préoccupation quant à l’avenir de cette institution que sont les conseils de quartier était également ressentie.

Je regarde la carte que vous proposez, et je me dis qu’en réalité, ce que vous suggérez, c’est l’abolition des Conseils de quartier pour les rendre compatibles avec les limites des districts. En fait, vous les remplacez par des Conseils de district », remarque Serge Roy. D’autres, s’interrogent quant à l’impact du projet sur la vie démocratique, sur les décisions à prendre. « Je me sens mal placée pour prendre position sur un enjeu de proximité qui concerne Lairet si j’habite dans le Vieux-Limoilou », remarque Krystel Doucet, du Conseil de quartier Vieux-Limoilou.

Quoi qu’il en soit, la première étape de consultation, pour La Cité-Limoilou, est terminée. Maintenant, les citoyens et organismes ont jusqu’au 31 octobre pour faire parvenir leurs mémoires. Cela, selon l’échéancier de la Ville de Québec, en route vers une adoption du nouveau règlement par le Conseil municipal prévue pour novembre ou décembre 2011. Et, en mars 2012, l’élection des membres des Conseils de quartier correspondant aux nouveaux territoires. Dans la mesure où la consultation aura été positive? La question a été lancée par Pierre Trahan, ancien administrateur du Conseil de quartier Lairet :

Ce soir, vous nous avez souvent répété que vous étiez redevable à vos électeurs. Est-ce que vous vous engagez à rendre public le résultat de cette consultation et à respecter les choix des citoyens »? « Oui », de répondre, tout simplement, le conseiller municipal Sylvain Légaré.

[ À lire aussi, dans Le Carrefour de Québec : Conseils de quartier : Limoilou s'oppose à la modification des limites et La Ville a tort. À consulter également : Conseils de quartier : une réduction nuisible? (fin d'une série de 3 articles). ]

Conseils de quartier : une réduction nuisible?

Publié le 13 octobre 2011 par Raymond PoirierCommentaires (5)


Pourquoi la Ville de Québec souhaite-t-elle réduire le nombre de Conseils de quartier présents dans ses arrondissements? Et, surtout, quelles sont les conséquences de cette diminution sur l’action et la portée de ces instances? En complément à mon précédent billet, réflexions autour de ce dossier et en route vers la consultation publique de ce soir, toujours en compagnie d’Érick Rivard, ex-président du Conseil de quartier de 2006 à 2011.

Selon Érick Rivard, la modification de découpage proposée par l’administration municipale comporte plusieurs problèmes majeurs.

Par exemple, la Ville souhaite diminuer les doublons, c’est-à-dire qu’un ou une conseillère siège actuellement sur plusieurs Conseils de quartier. Mais, en choisissant de régler ce problème sans égard aux découpages territoriaux naturels tels la rivière Saint-Charles, elle cause une autre problématique : les dossiers qui étaient auparavant au cœur des quartiers deviendront des problèmes limitrophes », observe-t-il. Risque donc, pour la Ville, d’avoir à doubler les démarches de fonctionnaires ou d’avoir à dupliquer les consultations publiques pour un changement de zonage. « Beau gaspillage de ressources humaines pour régler les problèmes d’agenda d’un seul conseiller! ».

Il y aussi danger à calquer les limites des quartiers à celle des districts. Pourquoi? Parce que ces dernières sont modulables dans le temps, puisqu’elles doivent correspondre à un nombre d’électeur donné. Résultat? Impossible de planifier l’évolution d’un secteur sur le long terme, les limites physiques de l’espace étant changeantes.

Les plans directeurs de quartier deviendront vite désuets, inutiles et impossibles à gérer puisque les limites d’intervention même de ces plans se chevaucheront dans l’espace physique comme dans le temps. De façon réaliste, il s’agit, ni plus, ni moins, de la mort de ces plans directeurs, un outil pourtant fondamental », déplore M. Rivard.

Enfin, l’administrateur du Conseil de quartier du Vieux-Limoilou craint aussi l’impact de ces nouvelles divisions sur le pouvoir d’initiative des instances. « L’organisation d’une fête de quartier deviendra un vrai casse-tête », fait-il valoir. Selon lui, puisque les fêtes sont naturellement tenues dans les milieux identitaires qui les supportent, peu de chance de voir un Conseil de district mettre temps et argent pour organiser une fête dans une toute petite portion de son territoire. Par exemple, en quoi le Grand bazar des ruelles pourrait-il intéresser les citoyens et citoyennes au-delà des limites du Vieux-Limoilou?

J’ai bien hâte de voir le nouveau Conseil de district Les Faubourgs venir organiser une partie du Grand bazar des ruelles alors qu’ils auront déjà à mettre en place des fêtes au centre-ville! Il y aura nécessairement des territoires laissés pour compte », remarque Érick Rivard.

C’est donc avec crainte pour l’avenir de ces instance pourtant plus que nécessaires, qu’il voit arriver ces nouvelles divisions risquant bien de sonner le glas d’une façon de procéder qui, au fil des dernières années, a pourtant fait ses preuves.

[ À lire aussi : De nécessaires conseils de quartier ]

De nécessaires conseils de quartier

Publié le 12 octobre 2011 par Raymond PoirierCommentaires (2)


On le sait : la Ville de Québec cherche à redéfinir les limites des différents quartiers qui la composent, d’en réduire le nombre. Une recomposition qui, nécessairement, changera la dynamique de ces espaces autant que leur représentativité : augmenter les zones géographiques, c’est aussi couper le nombre de Conseils de quartier. Sait-on, réellement, ce que cette action implique? Discussion sur le sujet avec l’ancien président du Conseil de quartier Vieux-Limoilou, Érick Rivard, qui y siège aujourd’hui à titre d’administrateur.

D’abord, petite définition : qu’est-ce qu’un conseil de quartier? Il s’agit d’une instance, composée de neuf bénévoles élus, soit quatre hommes, quatre femmes et un représentant du milieu, qui se réunissent une fois par mois, en compagnie des conseillers municipaux du district électoral dans lequel ils se trouvent, afin de discuter des enjeux du quartier.

Erick RivardCette instance c’est, parmi tous les mécanismes de consultation publique de la Ville, le plus près des gens. Sa grande efficacité tient au fait qu’il est une sorte de permanence citoyenne, contrairement à une assemblée publique, par exemple », explique Érick Rivard. Bien entendu, cette représentativité  a un coût, léger : un budget de fonctionnement annuel de 1000$. « Mais la plupart des quartiers ne dépensent jamais cette somme en entier », précise-t-il.

Le poids démocratique et consultatif du Conseil de quartier tient en plusieurs actions qu’il peut entreprendre. Il peut, lorsqu’il est mandaté à cet effet par la Ville de Québec, tenir des séances de consultation publique autour d’enjeux majeurs touchant le zonage ou l’urbanisme du quartier. Il peut également entreprendre la mise en place d’un Plan directeur de quartier, c’est-à-dire, une planification sur dix ans des orientations d’un secteur, née d’une large concertation entre l’ensemble des intervenants du quartier. Dans le Vieux-Limoilou, l’initiative a été entreprise, pour la dernière fois, en 1994.

C’est un outil fort efficace qui a concrètement mené à la consolidation de la 3e Avenue, au réaménagement de plusieurs parcs ou encore à la mise en place du Parc linéaire de la rivière St-Charles. Le Conseil de quartier demande d’ailleurs à la Ville d’amorcer un processus de révision de ce plan en vue des dix prochaines années », indique Érick Rivard.

Le Conseil de quartier a également un pouvoir d’initiative : il peut organiser ou participer à la mise en place d’évènements divers. Par exemple, dans le Vieux-Limoilou, l’équipe du conseil a créé le Grand bazar des ruelles (photo ci-contre) et la première édition de Miracle sur la 3e Avenue était, en bonne partie, son initiative.

Enfin, et peut-être surtout, le Conseil de quartier assure le lien entre les citoyens et les élus : tous ceux qui souhaitent faire part d’un problème ou partager une idée pour leur milieu de vie y trouvent toujours une oreille attentive.

Par exemple, il y a déjà plus de deux ans, un programme de surveillance policière a été mis en place pour le tapage nocturne à la sortie des bars du quartier. Cette initiative répondait à une demande concertée du Conseil de quartier Vieux-Limoilou et de la conseillère municipale suite à une visite d’une douzaine de citoyens lors d’une séance du conseil ».

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