
Klondike, pour rappeler cette ruée vers l’or à la fin du XIXe siècle, alors que des dizaines de milliers d’apprentis prospecteurs convergèrent vers le Yukon dans l’espoir de s’y enrichir. C’est à peine quelques dizaines de milliers de moins qui ont afflué vers la patinoire de la Pointe-aux-Lièvres vendredi soir dernier pour le lancement du projet Klondike, dans la crainte de se geler le bonnet. Pourtant, c’est bien là l’enjeu de ce « décor sonore » réalisé par le collectif de six artistes en art audio, selon une idée originale d’Ariane Plante : inciter « les patineurs à s’attarder à la lumière et aux textures de la saison froide dans une ambiance propice à la flânerie et à la contemplation ». Il aurait peut-être fallu étendre l’invitation à Dame Nature.
Il reste que les « sonorités poétiques » inspirées par l’hiver résonnaient d’une inquiétante mais belle étrangeté dans cette quasi-solitude spectrale et glaciale. Moins musique que frottements, glissements, souffles, sifflements, grésillements, secousses, distorsions, voix inaudibles (extrait)…: le parcours se teintait d’une couleur post-apocalyptique. Un tel événement artistique a d’ailleurs ceci d’intéressant que l’expérience est appelée à se modeler au gré du moment, des conditions météorologiques, voire des flâneurs sur lames. L’installation sonore, d’une durée de 90 minutes, trouve ainsi à être diffusée du lundi au vendredi à 19 h, et les samedis et dimanches à 14 h, et ce, jusqu’au 20 février.
Cela dit, les artistes – Mélanie Bédard, Ariane Plante, Alexis Bellavance, Pierre-Olivier Fréchet-Martin, Fannie Giguère et Myriam Lambert – espèrent discrètement en faire un événement annuel. Déjà , leurs Å“uvres seront reprises à Rimouski en février. Une suggestion, si la récidive se concrétise : l’expérience sensorielle que propose Klondike gagnerait peut-être à s’enrichir d’une composante visuelle, notamment en projetant sur les collines de neige des images qui accompagneraient le montage sonore. Ce reclyclage d’une neige contre laquelle on ne cesse de pester à chaque bordée achèverait sans doute de nous réconcilier avec l’hiver.
[ À écouter : entrevue avec les artistes (Source : Première heure, Radio-Canada, 20 janvier 2012. ]


















Cela fait dix ans que le
Les rumeurs d’un nouveau cinéma en basse-ville vont bon train, mais il ne faudrait pas oublier l’heureuse initiative – celle-ci bien réelle, en plus! – de 



On sonne, on cogne, on questionne : « Il a bien dit jeudi, dix heures? C’est la bonne adresse? » Déjà on l’excuse d’un air entendu : « C’est un artiste… » On l’imagine emporté dans un élan de création, exalté à ne plus rien entendre, captif de ces mystères que sont l’inspiration et l’instinct. Puis la porte de sa maison-atelier s’ouvre : un malentendu, rien de plus, sourires, salutations, café… Et les mythes de tomber un à un – l’artiste dans sa bulle, ténébreux, poseur, aux propos éthérés. Marginal et, donc, solitaire, ça oui, mais néanmoins authentique, allumé, passionné et ouvert sur le monde – dans sa personne comme dans son œuvre.






