Le Blogue de Limoilou :: Viviane Asselin
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La ruée vers l’art du Klondike

Publié le 24 janvier 2012 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Klondike, décor sonore à Pointe-aux-lièvres

Klondike, pour rappeler cette ruée vers l’or à la fin du XIXe siècle, alors que des dizaines de milliers d’apprentis prospecteurs convergèrent vers le Yukon dans l’espoir de s’y enrichir. C’est à peine quelques dizaines de milliers de moins qui ont afflué vers la patinoire de la Pointe-aux-Lièvres vendredi soir dernier pour le lancement du projet Klondike, dans la crainte de se geler le bonnet. Pourtant, c’est bien là l’enjeu de ce « décor sonore » réalisé par le collectif de six artistes en art audio, selon une idée originale d’Ariane Plante : inciter « les patineurs à s’attarder à la lumière et aux textures de la saison froide dans une ambiance propice à la flânerie et à la contemplation ». Il aurait peut-être fallu étendre l’invitation à Dame Nature.

Il reste que les « sonorités poétiques » inspirées par l’hiver résonnaient d’une inquiétante mais belle étrangeté dans cette quasi-solitude spectrale et glaciale. Moins musique que frottements, glissements, souffles, sifflements, grésillements, secousses, distorsions, voix inaudibles (extrait)…: le parcours se teintait d’une couleur post-apocalyptique. Un tel événement artistique a d’ailleurs ceci d’intéressant que l’expérience est appelée à se modeler au gré du moment, des conditions météorologiques, voire des flâneurs sur lames. L’installation sonore, d’une durée de 90 minutes, trouve ainsi à être diffusée du lundi au vendredi à 19 h, et les samedis et dimanches à 14 h, et ce, jusqu’au 20 février.

Cela dit, les artistes – Mélanie Bédard, Ariane Plante, Alexis Bellavance, Pierre-Olivier Fréchet-Martin, Fannie Giguère et Myriam Lambert – espèrent discrètement en faire un événement annuel. Déjà, leurs Å“uvres seront reprises à Rimouski en février. Une suggestion, si la récidive se concrétise : l’expérience sensorielle que propose Klondike gagnerait peut-être à s’enrichir d’une composante visuelle, notamment en projetant sur les collines de neige des images qui accompagneraient le montage sonore. Ce reclyclage d’une neige contre laquelle on ne cesse de pester à chaque bordée achèverait sans doute de nous réconcilier avec l’hiver.

[ À écouter : entrevue avec les artistes (Source : Première heure, Radio-Canada, 20 janvier 2012. ]

Annette, sure et sucrée comme un cornichon

Publié le 18 janvier 2012 par Viviane AsselinCommentaires (3)
Annette par Anne-Marie Olivier

Crédit photo : André Picard / Code Culture

Un soir de Saint-Jean-Baptiste, une Rochette et un McKennet copulent en franglais sur un érable du Domaine de Maizerets. Lui, il laissera sa place à bien d’autres hommes de passage; elle, déguisée en gros clown, elle accouchera sur un char allégorique lors du premier Carnaval de Québec. Annette, s’appellera l’enfant, en souvenir du cornichon sur servi à la mère affamée. Emmitouflées dans Bonhomme, elles se cramponnent l’une à l’autre.

Les canards ont disparu dans le Limoilou de petite Annette, mais pas Alphonsine, une vache clandestine qui broute le 1534 de la Canardière. Sa mère, Ghislaine, broute la vie par les deux bouttes pendant que la jeune fille patine, pédale et envoie des bouteilles à la mer, via la Saint-Charles. Surtout, elle tricote entre la vie et la mort, la sienne comme celle du rêve d’un pays.

Le soleil se lève et se couche sur Limoilou dans cette pièce de théâtre où, sur l’emblématique corde à linge qui traverse la scène, sont épinglés des morceaux d’identité du Québec entre 1954 et le 20 mai 1980, jour du référendum. Destins en soi tragiques que ceux d’Annette et de sa mère, mais digérés par une langue musclée et une interprétation généreuse qui séduisent. L’une comme l’autre, nous les devons à Anne-Marie Olivier qui, dans un environnement pure laine, ramène ces jours-ci Annette sur la glace du Périscope après un premier tour de piste remarqué en 2009. En équilibre sur ses patins, l’auteure-comédienne glisse dans un décor qui se réinvente continuellement, alors qu’une balle de laine incarne tour à tour une rondelle de hockey et un bébé, et un pouf en tricot rouge sert tantôt de chien, tantôt de lit. Même la mise en scène connaît une seconde vie, Pierre-Philippe Guay reprenant le flambeau pour tisser serrés les éléments scénographiques et le texte, avec comme résultat une étonnante cohésion.

Il fait froid, sur cette patinoire où se jouent les épreuves des personnages, mais les rires mêlés de larmes sauront vous réchauffer. À voir au Périscope d’ici le 28 janvier 2012; la vidéo qu’ont réalisé hier nos collègues de Code Culture en compagnie d’Anne-Marie Olivier achèvera de vous convaincre.

♬ Roch things you do, make Limoilou very proud of you ♬

Publié le 23 décembre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Roch Voisine Cégep Limoilou

Quand on apprend que Roch Voisine a composé Hélène à Limoilou, on l’imagine sur les rives de la rivière Saint-Charles, seul sur un rocher, les yeux dans l’eau (brune), et on est impressionné par la puissance de l’imagination qui l’habitait au début des années 1980. « Mon rêve était trop beau », en arrive-t-il d’ailleurs à chanter. Depuis, Hélène est partie et l’eau brune de la Saint-Charles aussi, mais le public, lui, est resté fidèle à ce jeune homme qui jouait au hockey pour les Titans du Cégep Limoilou. Aussi le 14 décembre dernier la fièvre était-elle au country d’Americana au Capitole de Québec.

Roch Voisine au Capitole de QuébecMon exil en haute-ville, hors du bastion limoulois, était pour une bonne cause : la Fondation du Cégep Limoilou lançait les festivités de ses 10 années d’existence avec un souper-spectacle-bénéfice; Roch Voisine, en tant qu’ancien étudiant, en était l’invité d’honneur. Les activités de financement et les campagnes de souscription auront permis d’amasser 70 000 $ cette année, lesquels s’ajoutent aux 1 724 000 $ recueillis depuis la création de la Fondation en 2002. Destinés à soutenir les étudiants dans la poursuite de leurs études collégiales, ces fonds sont distribués sous la forme de bourses d’études et d’aide financière à des projets institutionnels et pédagogiques, dont la communauté peut en outre profiter (notamment la modernisation des équipements sportifs et culturels). Ainsi, non seulement la Fondation appuie-t-elle le bien-être, la réussite et la diplomation des élèves, mais elle contribue également au développement économique, social et culturel de la Ville de Québec. La promotion des réalisations des étudiants et des membres du personnel rejaillit tout particulièrement sur le Cégep Limoilou, dont la notoriété profite de ces succès.

Roch Voisine, Titans de LimoilouLe passage de Roch Voisine en ses murs n’est pas pour lui nuire non plus, d’ailleurs. À voir la fébrilité des spectateurs à l’écoute des musiques du répertoire américain des 50 dernières années qui composent Americana, le Cégep Limoilou peut compter sur un illustre ambassadeur. Le chanteur peut bien prétendre ne pas se reconnaître sur la photo que lui a remise la Fondation, où on le voit, en 1983, en habit des Titans; le public, lui, n’oubliera pas son visage ni ne cessera de l’aimer (contrairement à Hélène).

Un pan de l’histoire du cinéma québécois

Publié le 29 novembre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Michel Brault était attendu hier soir dans le cadre du Ciné-club Spirafilm, qui projetait son documentaire Pour la suite du monde, réalisé avec Pierre Perreault en 1962. Malheureusement, un léger problème de santé l’a forcé à la dernière minute à décliner l’invitation. Qu’à cela ne tienne : ce n’est pas parce que l’on a 83 ans, que l’on a connu le cinéma muet et l’arrivée des magnétophones portables pour enregistrer le son lors des tournages, que l’on ne sait pas se servir de Skype! C’est donc virtuellement que nous est apparu Brault, apparemment touché que quelque 80 personnes – des jeunes de surcroît! – se soient déplacées à la salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou pour un documentaire sur les habitants de l’Isle-aux-Coudres. Ce bijou de cinéma direct constitue une véritable ode à l’ancestralité locale, alors qu’une jeune génération tente de ressusciter la pêche aux marsouins telle que la pratiquait leurs aïeux. On découvre, par la bande, le portrait d’une population qui s’est laissée filmer sans scénario, une première dans la façon de tourner des documentaires à l’époque.

On comprend que, si cette œuvre séduit les spectateurs par ses habitants attachants, ceux-ci tendent à la chérir par ce pan de leur vie immortalisé à l’écran. Aussi deux femmes s’étaient-elles déplacées depuis l’Isle-aux-Coudres pour – espéraient-elles – rencontrer Brault. Descendantes d’Alexis Tremblay (ci-contre) et de Grand Louis, deux des principaux protagonistes du documentaire, elles en ont profité pour raconter quelques anecdotes et pour inviter le cinéaste à venir célébrer l’année prochaine sur l’île les 50 ans de Pour la suite du monde. De belles retrouvailles en vue.

***

Au programme du prochain rendez-vous, le dimanche 18 décembre 2011, à la salle Sylvain-Lelièvre : Le club des crocodiles (spécial familles).

[ À consulter : Du cynisme, j'en veux! ] [ Programmation complète du Ciné-club Spirafilm 2011-2012 ]

La jeunesse os(é)e

Publié le 26 novembre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Tendre et cruel, troupe du Grand escalier sur Cégep LimoilouDu 22 au 25 novembre était présentée, par la troupe de théâtre du Grand Escalier du Cégep Limoilou, la pièce Tendre et cruel de Martin Crimp, dans une traduction de Philippe Djian. Dans le programme distribué à l’entrée de la Salle Sylvain-Lelièvre, la metteure en scène, Édith Patenaude, livre un plaidoyer en faveur des treize jeunes comédiens qui ont relevé le défi de jouer ce drame contemporain inspiré de la mythologie grecque :

Je crois en l’intelligence de ces jeunes qui veulent jouer / […] Je crois que ma responsabilité est de les encourager à réfléchir, à oser ce qui est difficile, à chercher au-delà de leur confort / À trouver pour eux des textes qui ne sont pas de leur âge et de leur légèreté / Des mots qui les prennent au sérieux, qui ne les sous-estiment pas »

Une apologie de la jeunesse que m’adressait en substance un ami qui enseigne au cégep à peine quelques jours plus tôt, curieusement. Sur la question des lectures imposées à l’école secondaire débattue dans un article du Devoir, lui de déclarer que « les jeunes sont bien plus intelligents que ce qu’ils croient […]. Suffit de leur montrer qu’ils sont capables de comprendre et qu’ils ont des capacités intellectuelles. Ça, c’est une autre paire de manches, et ça prend des profs passionnés ».

C’est sans doute cette passion qui a convaincu Patenaude de monter avec la troupe du Grand escalier une Å“uvre complexe au diapason de l’actualité. L’histoire d’une famille détruite par une guerre au prétendu terrorisme. Le Général, chargé du plein pouvoir par les autorités politiques pour combattre les terroristes en Afrique, sera accusé de crimes contre l’humanité pour avoir décimé, entre autres, toute une population pour les beaux yeux d’une jeune femme, Laela. Son épouse, jalouse et désespérée, se suicidera après avoir empoisonné son mari – qui souffre mais n’en meurt pas. Leur fils, enfin, les détestera pour tous ces déchirements que ne reconnaîtra toutefois pas le père : il a rempli sa mission, celle de purifier la terre et d’extraire le terrorisme. « Je ne suis pas le criminel, mais le sacrifice », scande-t-il avant que les lumières se rallument et que le public, touché, se lève pour applaudir cette performance digne de l’ère Bush.

En osant « ce qui est difficile », comme l’écrit Patenaude, on prend le risque de s’enfarger dans les répliques, de décrocher du niveau de langage, d’être inégal dans son jeu. Mais, en même temps, on offre le spectacle d’une jeunesse pleine d’intensité qui prend position dans un monde teinté d’indifférence.

L’Halloween à Limoilou

Publié le 26 octobre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Alors, qu’est-ce que ce sera cette année ? Un commissaire d’enquête ? Un manifestant ? Régis Labeaume ? Peu importe le déguisement que vous retiendrez pour l’Halloween, sachez que ce 29 octobre, le Salon Nova Maestria (à partir de 13h) et la maison Cobel (12h-19h, sur réservation) mettent à votre disposition les services de maquilleurs professionnels pour vous faire une beauté – ou non, selon votre choix de costumes. En profitant de ces services, pas de danger de passer pour un cuisinier bleu (?) alors que vous êtes déguisé en schtroumpfette – je vous jure.

Des histoires d’horreur comme celle-ci, gageons qu’il s’en racontera plein (et des meilleures) au Patro Roc-Amadour (29 octobre, 9h-13h) et au Domaine Maizerets (29 octobre, 13h-16h), transformés en château ou manoir hanté pour l’occasion. Au programme : spectacles, bricolage, musique, décoration de citrouilles, bonbons… Pour les familles qui ne pourraient se laisser hanter par ces lieux, vous pourrez vous reprendre le lendemain, au Centre Mgr-Marcoux. On vous promet des jeux de kermesse, des jeux Meurtre et Mystère, des personnages loufoques et des surprises! (30 octobre, 13h30-16h30; inscription obligatoire)

Au Bal du Lézard, dont le nom lui-même a déjà quelque chose d’halloweenesque, c’est plutôt la fin du monde qu’on vous promet – rien de moins. Alligator Trio ouvrira la « boîte de pandore » qui renferme le rock, cette « force puissante et agressive » qui « annihilera l’humanité ». La soirée DJ achèvera sans doute les survivants. Une soirée de circonstance pour les amateurs de Bloody Mary (29 octobre, 21h30).

Pour plus de détails sur les activités prévues pour l’Halloween, consultez notre calendrier des événements.

Limoilou Love

Publié le 10 octobre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (1)

Crédit photos : Manon Landry, Productions Limoilou en vrac

À lire les commentaires sur la possible disparition des limites établies du Vieux-Limoilou, on voit que les résidants tiennent à leur identité locale. Cela, Julie Miville, Isabelle Samson et Chantal Durette l’ont bien compris en créant des oeuvres d’art à l’image du quartier. Des vêtements et des miroirs fabriqués à partir de matériaux recyclés, comme des acryliques sur toile et des boutons, et qui montrent tantôt un chat ou une échelle pour représenter les ruelles, tantôt un coeur pour illustrer le sentiment d’appartenance. Ainsi pourriez-vous vous présenter à la séance de consultation sur les frontières du territoire en portant Limoilou comme manteau, en signe de protestation. Ou offrir un miroir en forme de coeur aux élus municipaux, pour que renaisse leur attachement au quartier.

Présentée au Bal du Lézard – « le coeur du quartier », selon les artistes – jusqu’au 31 octobre, l’exposition Limoilou Love rassemble donc les oeuvres des étiquettes Les Affreux (Julie Miville), Isabo (Isabelle Samson) et Gaïa (Chantal Durette). Créations écologiques et locales : ce sont bien là deux mots à la mode, qui devraient vous inciter à y jeter un coup d’oeil.

Coordonnées de l’exposition :

Limoilou Love, du 6 au 31 octobre 2011, au Bal du Lézard.

Critique d’une « ratée » nostalgique

Publié le 29 septembre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Reportage photo : Jean Cazes, 29 septembre 2011.

Je suis nostalgique d’un temps que je n’ai pas connu. Qui n’a peut-être pas même existé sous cette forme que j’imagine – pleine d’espoir, d’effervescence, d’exaltation, d’insolence. Mais lorsque j’écoute Robert Charlebois nous décocher ses iconiques Lindberg, Je reviendrai à Montréal, Entr’ deux joints, Les ailes d’un ange, Tout écartillé, il me semble entrapercevoir ce que ça devait être, dans le temps… Il faut dire que hier, sur la scène Sylvain-Lelièvre, Charlebois paraissait rocker comme au premier jour, avec le même aplomb et le même plaisir. Mais avec, peut-être, une nouvelle profondeur de la part de celui qui constate néanmoins le passage du temps.

L’année passée, Gilles Vigneault, cette année, Robert Charlebois : tout un doublé pour le festival Limoilou m’en chante! En seulement deux ans d’existence, il aura réussi à réunir les maîtres des deux courants musicaux qui marquèrent la Révolution tranquille : les poètes-chansonniers et les artistes de la contre-culture – pas moins poètes à leur manière, à entendre des textes comme Québec Love et Mon pays ce n’est pas un pays c’est un job. Une poésie urbaine toute en joual, à laquelle aura notamment contribué Réjean Ducharme, parolier aussi éclatant de talent que d’absence.

Charlebois était à peu près seul sur scène – trois multi-instrumentistes, une vingtaine de guitares, un piano à queue –, mais il traînait tout un monde avec lui : Ducharme (Dix ans), donc, mais aussi Pierre Calvé (Vivre en Amérique), Alfred Jarry (Terre-Love), Saint-Augustin (Ne pleure pas si tu m’aimes), jusqu’à un clin d’œil jazzé à l’hôte de la soirée et du festival, Sylvain Lelièvre, « qui aurait sûrement apprécié » Satisfaction!. Chose certaine, le public, lui, a apprécié : deux rappels qui, par la générosité de Charlebois, auront duré presque aussi longtemps que le spectacle lui-même.

À entendre l’instigateur de Limoilou m’en chante, Pierre Jobin, présenter en début de soirée les invités qui défileront du 28 septembre au 1er octobre, on a l’impression que ce festival est avant tout une histoire d’amitié : avec les artistes, avec la musique francophone, avec le public. Au train où vont les choses, ce sera une belle et durable amitié.

***

Au programme des prochains jours, à la salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou, 20 h :

29 septembre : Salut Sylvain! (gratuit), suivi d’un cabaret

30 septembre : Bruno Brel (Belgique) et Michel Bühler (Suisse), suivis d’un cabaret

1er octobre : Marième (gratuit)

[ À consulter : Cure de rajeunissement pour Robert Charlebois à Limoilou m'en chante! ] [ Programmation du festival Limoilou m'en chante 2011 ]

Du cynisme, j’en veux!

Publié le 28 septembre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Par les temps qui courent – et ils courent déjà depuis déjà belle lurette –, le cynisme semble l’ennemi à abattre, en appelant à faire tout « autrement ». Le cynisme nous offre pourtant des moments de pur ravissement, comme en cette première de la nouvelle saison du Ciné-club Spirafilm, ce lundi dernier, à la salle Sylvain-Lelièvre.

Les bruits des fourchettes d’un vieux couple indifférent trop habitué à la présence de l’autre conduisent Mia, témoin de la scène, à annuler le déménagement prévu avec son amoureux. Amour du temps qui passe auquel on tente d’échapper, c’est celui qu’a présenté sans pathos Jean-François Aubé dans le court-métrage d’ouverture, très justement intitulé Des bruits des fourchettes (2010).

Des orphelins qui remplacent des chiens-guide pour aveugles, des slogans comme « Le travail n’a jamais tué personne » pour empêcher l’avènement d’un syndicat, une fillette mutique qui parle le gaélique au fin fond de l’Abitibi, un Irlandais ex-communié qui arrive comme un Messie… : André Forcier, dans Je me souviens (2009), nous lance en pleine poire sa vision caustique et onirique d’une Grande Noirceur qui a des airs du Québec contemporain. Tout au plus la collusion d’alors – entre l’Église catholique, le gouvernement et le patronat – a-t-elle glissé depuis vers d’autres secteurs. Mais là où les récentes magouilles suscitent une grogne encore gentille, celles d’autrefois donnent lieu à un film truculent, pittoresque et, néanmoins, d’une intelligence subtile. Bref : à voir plutôt qu’à raconter.

André Forcier, présent pour l’occasion, était d’ailleurs avare de commentaires à la suite de la projection de son long-métrage. « Avez-vous réellement tourné en Irlande? » « Oui. » On l’aurait aimé moins laconique, mais le malaise prolongeait une soirée pleine d’authenticité. Celui qu’on surnomme l’ « enfant terrible » y est tout de même allé d’une charge contre le cinéma québécois, en partie victime de « réalisateurs proprets » qui reprennent les recettes de la télévision et misent sur des humoristes, ne livrant guère plus que des spectacles d’humour sur grand écran.

Il y avait certes quelque chose d’ironique dans cette salle à moitié pleine pour assister à un remarquable film d’auteur, qui plus est en présence de l’auteur lui-même, quand tant d’autres événements de moindre qualité attirent les foules… Mon cynisme à moi, quoi.

***

Au programme du prochain rendez-vous, le lundi 24 octobre 2011, à la salle Sylvain-Lelièvre : le court-métrage Import/Export, suivi de Continental, un film sans fusil, en présence du jeune réalisateur Stéphane Lafleur.

[ À consulter : Spirafilm "refait son cinéma" à Limoilou ] [ Programmation complète du Ciné-club Spirafilm 2011-2012 ]

Éco-Quartier fête ses dix ans

Publié le 16 septembre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Cela fait dix ans que le Collectif Éco-Quartier, du Centre Jacques-Cartier, se préoccupe des enjeux environnementaux qui touchent les quartiers centraux de la ville de Québec. Dix ans que la trentaine de jeunes qui y oeuvrent travaillent à promouvoir auprès de la population des alternatives liées à l’écologie urbaine et à la citoyenneté responsable.

Et dix ans, ça se célèbre d’une façon unique : la traditionnelle fête, en plus d’être une vitrine pour divers projets en écologie urbaine, propose cette année la foire DIY (Do It Yourself). L’éthique « DIY » renvoie à l’autonomisation par la fabrication d’objets dont les matériaux et la technologie utilisés sont simples et accessibles. Aussi plusieurs personnes viendront-elles exposer leurs créations personnelles, lesquelles sont susceptibles de vous inspirer des oeuvres et des gadgets à saveur citoyenne!

Dix ans, c’est aussi le moment d’élargir ses horizons : le Collectif Éco-Quartier sera bientôt remplacé par Craque-Bitume, un organisme à but non lucratif qui entend diversifier ses actions par rapport à l’agriculture urbaine. La fête ne manquera pas de souligner cette transition.

Dix ans, enfin, ça se raconte avec Geneviève Marier, ça se chante avec Webster et les Bêtes à plumes, et ça se danse avec Afrodizik.

L’événement a lieu aujourd’hui, 16 septembre, à partir de 16h, au 798, 12e rue, dans le stationnement adjacent aux locaux d’Éco-Quartier.

L’horaire de la soirée :

16h à 18h30 : Foire DIY sur la musique du collectif de DJ Afrodizik

19h : Conte sur la consommation responsable, avec Geneviève Marier

20h : Webster

20h45 : Animation et tirages

21h : Bêtes à plumes (hommage à Plume Latraverse)

22h : Afrodizik

[ À lire aussi : Éco-Quartier devient Craque-Bitume ]

Spirafilm « refait son cinéma » à Limoilou!

Publié le 7 septembre 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

Les rumeurs d’un nouveau cinéma en basse-ville vont bon train, mais il ne faudrait pas oublier l’heureuse initiative – celle-ci bien réelle, en plus! – de Spirafilm, une coopérative vouée au cinéma indépendant qui revient, cette année, avec la deuxième édition de son Ciné-club. Huit films, généralement précédés d’un court-métrage, seront projetés tour à tour à la salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou. Si c’est là l’opportunité de visionner des productions d’auteurs indépendants québécois et internationaux, c’est aussi l’occasion, pour les cinéphiles, de rencontrer des artisans du cinéma, en toute convivialité.

Ainsi, lors de la première qui se tiendra le lundi, 26 septembre 2011 (19h), le film Je me souviens sera accompagné de ses co-réalisateurs, Laura Pinet et André Forcier. Une oeuvre aussi fascinante que son auteur (Forcier), susceptible de susciter un grand nombre de questions qui pourront être adressées à l’ « enfant terrible du cinéma québécois ». Au cours de la saison 2011-2012, Stéphane Lafleur (Continental, un film sans fusil), Michel Brault (Pour la suite du monde) et Philippe Falardeau (C’est pas moi, je le jure!), entre autres, se prêteront à leur tour au jeu.

À noter que cette deuxième édition innove, en offrant une séance « spécial famille » le dimanche précédant la période des Fêtes.

Bon cinéma!

[ Programmation complète du Ciné-club Spirafilm 2011-2012 ]

Cure de rajeunissement pour Robert Charlebois à Limoilou m’en chante!

Publié le 31 août 2011 par Viviane AsselinCommentaires (2)

De G à D, Robert Desrosiers, directeur général de la Caisse Desjardins de Limoilou; Suzanne Verreault, conseillère du district Sylvain-Lelièvre; Louis Grou, directeur général du cégep Limoilou; Marième et Pierre Jobin. Photo : Jean Cazes, 31 août 2011.


Après le passage d’Irène dimanche dernier, Limoilou avait la mine un peu basse. Mais il fallait la voir, mercredi matin, toute ragaillardie par l’amour sincère que lui témoignait Pierre Jobin, directeur artistique des Productions Aux Oiseaux de passage. L’ancien gérant d’artistes voit « un peu plus grand, un peu plus loin » pour son quartier : non seulement le Festival Limoilou m’en chante revient-il pour une deuxième année, mais l’événement est « là pour longtemps », promettait Jobin en conférence de presse. Il faut dire qu’il peut compter sur l’enthousiasme de ses partenaires, le Cégep Limoilou, la Ville de Québec et le bureau d’arrondissement de La Cité-Limoilou, qui ont réitéré leur appui au développement culturel à Limoilou. Et le directeur général de la Caisse Desjardins de Limoilou de souligner l’importance du festival pour la force, le dynamisme et le rayonnement du quartier. Pour tout dire, ce matin-là, j’ai eu le sentiment que de grandes choses se préparaient pour la communauté limouloise…

…, à commencer, donc, par cette deuxième édition de Limoilou m’en chante, qui fait la part belle à la chanson francophone. L’année dernière, hommage était rendu aux maîtres, comme Gilles Vigneault et Graeme Allwright, « très grands mais (malheureusement) pas éternels ». Cette fois, place aux « jeunes » – c’est Robert Charlebois, tête d’affiche avec son réputé spectacle Avec tambour ni trompette (28 septembre), qui sera heureux du qualificatif! Gageons qu’il fera preuve de la même fougue que Marième, dont j’ai déjà vanté ici le talent lors d’une prestation colorée, et qui a l’honneur de swinger la soirée de clôture du festival (1er octobre). Présente à la conférence de presse, elle a témoigné de son fort sentiment d’appartenance à ce quartier qui l’a vu naître.

D’ailleurs, la mémoire ne demeure pas moins au cÅ“ur de la programmation, notamment avec la neuvième édition de « Salut Sylvain! », en souvenir de l’ « enfant de Limoilou » qui sera célébré par Philippe Noireaut, Jessica Vigneault et Annie Poulain (29 septembre). Finalement, pour le volet Francophonie hors Québec, le Belge Bruno Brel et le Suisse Michel Bühler – le « plus grand chanteur » de son pays selon Pierre Jobin – partageront la scène, leurs mots et leur culture (30 septembre).

Un festival qui se promet d’être éclatant, à l’image du quartier!

Les spectacles auront lieu du 28 septembre au 1er octobre 2011, à 20h, à la Salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou.

[ À consulter : Programmation de la deuxième édition de Limoilou m'en chante ]

Une vie un peu plus belle

Publié le 18 août 2011 par Viviane AsselinCommentaires (5)


On sonne, on cogne, on questionne : « Il a bien dit jeudi, dix heures? C’est la bonne adresse? » Déjà on l’excuse d’un air entendu : « C’est un artiste… » On l’imagine emporté dans un élan de création, exalté à ne plus rien entendre, captif de ces mystères que sont l’inspiration et l’instinct. Puis la porte de sa maison-atelier s’ouvre : un malentendu, rien de plus, sourires, salutations, café… Et les mythes de tomber un à un – l’artiste dans sa bulle, ténébreux, poseur, aux propos éthérés. Marginal et, donc, solitaire, ça oui, mais néanmoins authentique, allumé, passionné et ouvert sur le monde – dans sa personne comme dans son œuvre.

Au risque de me répéter – quoique le recyclage fait précisément partie de sa démarche artistique – : moi, le simple fait de me retrouver dans le même espace que Jean Gaudreau, ça m’impressionne. Avec ceci de différent, cette fois, que l’espace partagé s’est meublé d’échanges : moi, curieuse, qui veux tout savoir; lui qui, généreux, répond tout en longueur, même si la plupart de ces questions, il a dû les entendre mille fois en 25 ans de carrière. Pas le moindrement offusqué, pour autant, que son talent me soit encore inconnu, en dépit d’une réputation bien établie depuis quelques années, de Limoilou où il crée jusqu’à New York où il expose. Du reste, j’en suis la grande perdante : tout ce temps passé dans l’ignorance de ces couleurs ardentes, de ces esquisses de corps en dés-équilibre, de ces univers libérés par la danse et le cirque, de ces compositions viscérales; tout ce temps passé dans l’ignorance de cette Å“uvre picturale qui, par sa force vive, me fait croire en une vie un peu plus belle.

Pas étonnant, d’ailleurs, que cette capacité d’émerveillement dont jouit l’art en général, et celui de Gaudreau en particulier, attire les organismes caritatifs. Sensible à plusieurs causes, dont celles de l’Alzheimer, des Jeunes musiciens du monde et du Pignon bleu, le peintre a fait don de nombre de toiles dans le cadre d’encans. N’est jamais loin le souvenir pénible des premières années, avant la reconnaissance qui fut lente à acquérir mais, plutôt que d’en éprouver quelque rancœur, il met son talent au service de ceux qui souffrent. Lorsque l’on sait avec quelle peine il laisse aller chacune de ses réalisations, ses « bébés », un tel altruisme n’en est que plus estimable.

Qu’à cela ne tienne, l’artiste ne nous promet pas moins un nouveau catalogue pour le printemps 2012, révélateur de l’évolution de sa trajectoire artistique : des personnages plus présents, aux contours plus précis, et un recyclage plus important pour donner forme à ce que certains critiques nomment la « nouvelle figuration contemporaine ». Mais qu’importe les étiquettes : pour le peintre, l’engagement à l’art est total – jusque dans un jardin dont nous parlera Jean Cazes dans un prochain billet. Si bien que, à l’image de ses alter ego de couleurs, Jean Gaudreau peint sa vie en mouvement, toujours sur la corde raide de nouveaux défis…

"Ruban de rêve", une oeuvre de Jean Gaudreau. Ci-haut, à gauche : "Au fil d'arrivée".

Sculpter sa mémoire

Publié le 6 juillet 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)

La Cavée - Guy Cloutier

Quand j’étais petit, moi aussi, j’ai joué dans la Cavée. Dans ce temps-là, c’était beaucoup plus grand. C’étaient de vrais marais. Depuis, on a tout remblayé pour construire par-dessus. L’hôpital n’existait pas. Il n’y avait pas beaucoup de maisons. Ici, c’étaient les limites de la ville, le début de la campagne. Les Ursulines avaient un chalet d’été un peu plus haut que la 8e Avenue, c’est tout dire. Au nord de la Rock-City, tu vois, de l’autre côté du point Drouin, c’était le marécage » (p. 75).

C’est un Limoilou d’un autre temps que raconte le roman La Cavée de Guy Cloutier (l’autre!, comme il le précise lui-même), publié en 1987 aux éditions de l’Hexagone. Le cinéma Lairet, l’église anglicane (12e rue), l’école de filles (Benoît-XV), la lingerie Parent (11e rue), Chez Mademoiselle (3e Avenue), le barbier Marcoux (3e Avenue)… : tous des vestiges d’une époque pas si lointaine sur laquelle ne peut souffler qu’un vent de nostalgie. Qui d’entre vous se souvient de ces lieux?

Cloutier, qui a grandi à Limoilou, y situe les événements d’un récit intimiste et pudique, dont le réalisme a des accents vaguement délirants. La Cavée, c’est ce marécage boueux d’avant la Révolution tranquille, situé sur les berges de la rivière Lairet, apparemment à la hauteur de Benoît-XV si l’on en croit les pérégrinations du jeune Roger Turgeon, qui sèche ses cours pour aller se prélasser dans la mare puante. Allez savoir pourquoi un adolescent de 15 ans s’embourbe ainsi. Lorsque sa mère, Emma, découvre les activités vaseuses de son fils, l’humiliation et l’incompréhension l’envahissent. « Roger-la-Cavée », « Roger-les-Égoûts », entend-elle murmurer dans tout le quartier. Lucien, le père, partage sa honte. Lui-même a pourtant jadis vécu en harmonie avec la terre primitive de la Cavée, sorte d’Eden moderne. Mais, justement, l’obsession absurde de son fils lui rappelle qu’on n’échappe pas si facilement à l’emprise de la Cavée. Les trois personnages n’en sortiront d’ailleurs pas indemnes.

Avec la conférence sur la rivière Lairet que livrera ce soir à la Marina Saint-Roch l’historien Réjean Lemoine, dont la série de billets sur cette rivière disparue a suscité maintes réactions, l’occasion était belle de revenir ici sur le roman La Cavée. Si les documents historiques retracent les faits qui ont notamment mené à la canalisation souterraine de la rivière, les Å“uvres de fiction comme celle de Cloutier font des personnages des témoins sensibles du quotidien de leur époque. Avec la boue de la Cavée, l’écrivain sculpte sa mémoire et celle, probablement, de toute une génération – on aimerait d’ailleurs vous entendre.

[ À consulter aussi : Chronique d'une rivière disparue, la Lairet (1) : Introduction ]

Le bulletin météo de Limoilou en musique

Publié le 26 juin 2011 par Viviane AsselinCommentaires (0)
Limoilou en musique 2011

Le groupe Gatineau a livré un set carré au public de Limoilou en musique hier soir

Vendredi, 24 juin, 20h17. Plus je me rapproche de la 5e Rue, plus la musique s’intensifie. J’entends les premiers mots du chanteur, entre deux mélodies : « On m’dit que j’ai souvent l’air bête… ». Je souris, tout en perdant le reste de la phrase : l’artiste m’est déjà sympathique par cet aveu. Maintenant à quelques mètres de la scène dressée à l’intersection de la 3e Avenue et de la Canardière, je vois que la foule se fait discrète – en nombre et en réactions. Foutue météo, qui noie des performances galopantes comme celle de Dany Placard. Au moins peut-il compter sur un fan fini (dans tous les sens du terme), qui se démène furieusement devant la scène, sous l’œil des policiers. J’ai mal à ma Saint-Jean.

Samedi, 25 juin, 15h23. C’est une Limoilou plutôt morne que Webster tente de raviver du haut de son balcon. Bienvenue à Balconville, nouvelle et heureuse initiative de Limoilou en musique qui transforme le mobilier typique du quartier en scène de spectacle. Webster, je ne sais pas si c’est parce qu’il vient de Limoilou, mais qu’est-ce qu’il a l’air à l’aise sur un balcon, les pieds dans le vide, à interpeler les filles sur la rue, à féliciter les skateux qui risquent quelques sauts sur la rampe, à faire de la pub aux commerces du coin. C’est bien simple : tout son être respire Limoilou; entre deux slams, il livre même une rapide leçon d’histoire sur le quartier. L’accueil demeure timide comme le soleil, mais moi j’achète. Quant aux autres, ils achètent plutôt du côté du Grand Bataclan – bijoux, sacs à main, foulards, vêtements et autres objets d’artisan –, ou du côté des stands à bières et à hot-dogs.

Limoilou en musique 2011Samedi, 25 juin, 16h09. La 3e Avenue a pris des couleurs, sous la craie des enfants et les bombes d’aérosol des artistes. On peut compter sur l’AutocArt des arts visuels pour colorer cette journée grise. Un poisson mauve, un papillon vert, un oiseau bleu; ne manque qu’un éléphant rose. Peut-être ce soir, au spectacle de Gatineau ou de Pépé et sa guitare.

Pépé - Limoilou en musique 2011Samedi, 25 juin, 20h33. Pas d’éléphant rose, mais un fun noir comme le ciel. Il faut lui donner ça, à Gatineau : il laisse la météo aux autres. Pas besoin d’une foule de nouvel amphithéâtre pour imploser sur scène. C’est qu’il est déluré et racoleur, le chanteur; sous le coup de la séduction ou d’un trip psychédélique, le public esquisse un set carré. Autant dire qu’il est fin prêt à recevoir Pépé et sa guitare, et c’est parti pour la nuit, voire jusqu’à l’année prochaine.

Qui d’entre vous ont enfilé leurs bottes de pluie? Pour qui, pour quoi?

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