
Le pont Dorchester vers 1880, bien après son déplacement à la hauteur de la 3e Avenue. Vue en direction SE. Un nouveau pont sera construit à l'ancien emplacement, au niveau de l'actuel pont Drouin, au début du XIXe siècle.
DU CHEMIN DE CHARLESBOURG À LA 1re AVENUE (2)
À la fin du XVIIIe siècle, la croissance de la ville exige une amélioration des communications entre la ville et la banlieue. Des entrepreneurs anglophones de Québec demandent par pétition à la Législature en 1789 le droit de construire un premier pont sur la rivière Saint-Charles. Le pont Dorchester est un pont en bois de 700 pieds qui permet à la hauteur de l’actuel pont Drouin aux cultivateurs de Charlesbourg et de Beauport d’avoir accès à la ville. Mais ce pont est à péage.
En 1819, à la suite de pétitions affirmant que le pont est situé trop loin de Québec, de nouveaux entrepreneurs, Charles Smith et Anthony Anderson, déplacent le pont en bois à la hauteur de l’actuelle 3e Avenue et de la rue du Pont [photo en-tête]. Ils vont exploiter ce pont à péage de 1819 à 1849. Celui-ci restera à péage jusqu’à son acquisition par la Ville de Québec en 1910.
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le chemin de Charlesbourg demeure une vieille route de campagne. Dès la sortie du pont Dorchester, en provenance de Québec, on se retrouve en pleine campagne. La ferme Hedley Lodge d’Anthony Anderson couvre la totalité de l’actuel quartier Limoilou jusqu’à la 18e Rue. Et la ferme de Charles Smith est situé sur le territoire du futur parc Cartier-Brébeuf et de la paroisse Stadacona. Le long de la 1re Avenue, on peut admirer les belles villas de George Parke et de James Ross ainsi que les maisons de campagne des familles O’Donnell et Brown, tous des propriétaires anglophones qui ont racheté les terres des Jésuites.
La situation change radicalement à partir de la décennie 1890 avec la fondation de la paroisse Saint-Charles de Limoilou ainsi que de la municipalité. Les terres agricoles des anglophones sont vendues à des spéculateurs fonciers et des promoteurs immobiliers francophones comme Eugène Lamontagne et Eugène Leclerc qui lancent le développement de Limoilou. En 1906, la Quebec Land Co rachète la terre des héritiers Anderson dans le but de construire un nouveau quartier de banlieue moderne et à l’américaine avec des rues, des avenues et des ruelles. Le chemin de Charlesbourg devient la 1re Avenue de ce nouveau quartier.
Avec la fusion de Limoilou avec Québec en 1909, on assiste à la fin du pont à péage et la construction d’un nouveau pont en fer, à l’arrivée d’une ligne de tramway sur la 1re Avenue et à la fondation d’un hôpital moderne en 1914 : Saint-François-d’Assise [photo ci-bas].
La 1re Avenue est vouée à devenir la plus belle artère de la basse ville.
À suivre le 30 janvier

[ Billet précédent. À lire aussi : Déclin commercial de la 1re Avenue (3) : point de vue de commerçants (2 de 2). Au cours des prochains mois, MonLimoilou.com vous proposera d'autres articles qui viendront animer et ponctuer cette réflexion. ]