




L’un des fleurons du patrimoine limoulois, l’ancienne école d’Hedleyville, abrite un petit jardin chaleureux qui s’harmonise tout à fait au style champêtre du bâtiment érigé en 1897 sur la 3e Rue. Son propriétaire, le sérigraphiste André Lemieux, a créé cet îlot de verdure avec l’aide précieuse de son associé, Yves Dumaresk.
Une œuvre à maturité menée sur près de trois décennies qui fait entre autres le bonheur des deux locataires de l’artisan.
En 1983, André pratiquait déjà son traditionnel métier dans Saint-Jean-Baptiste quand il fit l’acquisition de la maison classée peu après bien culturel.
J’ai profité d’une opportunité et j’ai eu beaucoup de chance, raconte-t-il avec humilité. J’ai donc changé de quartier, mais comme bien du monde, au départ, j’avais des préjugés sur Limoilou que je connaissais à peine. C’est plus le cas, maintenant! ».
Depuis, le sérigraphiste a relocalisé son atelier tout près de chez lui. Très attaché à son milieu d’adoption, il cofondera la Société historique de Limoilou. André s’impliquera par ailleurs dans divers dossiers de mise en valeur du secteur, dont le récent et très médiatisé projet de Musée des pompiers. Enfin, il consolidera son lien d’appartenance au quartier en restaurant sa nouvelle demeure tout en aménageant une cour arrière qui était totalement à refaire…
André relate avec moult anecdotes savoureuses les grandes étapes de l’aménagement du parterre ombragé. Une aventure pas évidente au début :
La cour, dit-il avec un brin d’ironie, c’était une surface de gravelle avec des hangars. Il y avait un seul arbre, un frêne, qui pousse toujours d’ailleurs. On a conservé un bâtiment, fait venir un camion de terre, posé de la tourbe, mais ça avait l’air d’un terrain de golf!».
Évoquant sa jeunesse heureuse vécue « à la campagne de l’époque, Loretteville, au bord de la Saint-Charles », le Limoulois d’adoption explique que ce coin de nature où il se recueille encore, l’été, a servi d’inspiration pour ce qui deviendra finalement un magnifique exemple de jardin à l’anglaise : « Ma première plante naturalisée est cette fougère! ». Amorçant la description de son arrière-cour, André ajoute que ses arbres sont le fruit d’une sélection éclairée avec nul autre qu’Yvan Dubé, son voisin d’en face et propriétaire du célèbre p’tit jardin botanique de la 3e Rue!
Autour du pommier taillé en ombelle, au centre, le hangar, les allées et deux points d’eau personnifient le jardin. L’usage d’origine du hangar centenaire demeure nébuleux. « C’était une écurie, suppose-t-il, ou peut-être une tannerie. Ce bâtiment restauré donne vraiment une âme à la cour! ». Les allées sinueuses en pierres de grès garnies d’une mousse abondante « grâce à un secret de jardinier, le yogourt » ajoutent au cachet du site. Une « source » et son bassin qui ont vingt ans d’histoire couronnent le tout. André en est particulièrement fier : « Elle coule à l’année; il y a même des poissons rouges qui survivent au fond du bassin, l’hiver! » !i précise qu’à cet endroit, un petit ruisseau a déjà fait son lit, justifiant à l’époque la localisation de l’ancienne école.
Au fil du temps, diverses autres plantes naturalisées ou horticoles se sont mêlées aux fougères, dont le sceau de Salomon, très représentatif de notre flore des sous-bois, et le myosotis « qui se multiplie facilement par graines ». Parmi les autres plantes vertes vedettes à souligner, sa vigne d’origine de l’ÃŽle d’Orléans a si bien prospéré qu’elle couvre maintenant tout le côté jardin de la maison!
Aujourd’hui, André Lemieux savoure à plein le fruit de ses efforts partagés. « Et une fois bien aménagé, un jardin à l’anglaise, tu laisses ça aller, et ça s’harmonise tout seul ! »

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[ Billet précédent sur ce thème : L’aménagement paysager de Marco Chaves. ]